ASPECT EPIDEMIOLOGIQUE DES SEQUELLES DE BRULURES A MARRAKECH, MAROC, A TRAVERS DEUX OBSERVATIONSEttalbi S., Ibnouzahir M., Droussi H., Wahbi S., Bahaichar N., Boukind E.H.Service de Chirurgie Plastique et Brûlés, Centre Hospitalier Universitaire Mohamed VI, Marrakech, MarocRESUME. La brûlure est un accident qui reste toujours très fréquent au Maroc, ce qui fait d’elle un problème de la santé publique. Les brûlures, quand elles sont graves ou profondes, entraînent de façon quasi inéluctable des séquelles fonctionnelles et esthétiques. A travers deux observations de deux enfants présentant des séquelles de brûlures graves, ayant retenti péjorativement sur leurs scolarités, on a essayé de mettre en évidence quelques facteurs incriminés dans cette tragédie (feu, petites bouteilles de gaz et le manque d’infrastructure, du personnel médical et paramédical, du matériel ainsi que de la prévention) comme étant une grande cause dans la survenue de ces séquelles. Le but de notre travail est d’énumérer ces différents facteurs intriqués, ainsi que de proposer quelques solutions, tout en insistant sur la prévention. IntroductionLa brûlure est un accident qui reste toujours très fréquent au Maroc et surtout dans les milieux ruraux. Elle représente 2% des patients admis aux urgences toutes pathologies confondues, ce qui fait d’elle un problème de la santé publique au Maroc. Les brûlures, quand elles sont graves ou profondes, entraînent de façon quasi inéluctable des séquelles fonctionnelles et esthétiques qui font malheureusement partie intégrante des affections chez nous; elles en souffrent surtout les enfants issus des familles pauvres et qui vivent dans des endroits loin des unités de soins de santé de base, ce qui entraîne chez eux des infirmités et un grand handicap qui les poussent à abandonner l’école et entrer par la suite dans une vrai tragédie socio-économique. A travers deux observations de deux enfants présentant des séquelles de brûlures graves, ayant retenti sur leurs scolarités, nous voudrions insister sur l’intérêt de la prise en charge précoce et secondaire afin d’éviter ces complications (Figs. 1-5).
Première observation Il s’agit d’un enfant âgé de 13 ans, de bas niveau socio-économique, sans antécédents pathologiques particuliers, victime à l’âge de 8 ans d’une brûlure thermique par flammes au niveau du membre supérieur droit, ayant été hospitalisé pendant 50 jours dans un hôpital provincial ou il n’existe pas de spécialiste en brûlologie, traité par cicatrisation dirigée puis suivi à titre externe. Par la suite la lésion s’est compliquée par une rétraction cutanée de la face dorsale de la main droite, avec un retentissement fonctionnel entraînant un échec scolaire pendant trois ans. A l’examen on a trouvé un placard cicatriciel au niveau de la face externe du bras et de l’avant-bras droit, avec une désorganisation des repères osseux du coude (luxation du coude), une bride rétractile en palmure avec participation articulaire du coude et impossibilité de la flexion totale de l’avant-bras sur le bras (luxation tête radiale). La face dorsale de la main est complètement accolée à l’avant-bras. Deuxième observation Il s’agit d’un enfant âgé de 15 ans, de bas niveau socio-économique, habitant loin des centres de santé, victime d’une brûlure thermique par flammes à l’age d’un an (il y a 14 ans) au niveau des deux membres inférieurs et ayant été pris en charge d’une manière traditionnelle (chez un guérisseur). La brûlure s’est compliquée d’une rétraction cutanée du dos du pied et du creux poplité du membre inférieur. Devant ce handicap l’enfant ne peut plus marcher et par la suite il ne pouvait plus accéder à l’école. A l’examen on a trouvé les deux faces dorsales des deux pieds sont complètement accolées à leurs jambes, en plus d’une rétraction du creux poplité droit (bride en palmure). DiscussionDans les pays développés l’amélioration de la prise en charge médicale des brûlés a permis de diminuer les séquelles fonctionnelles et esthétiques. Malgré ce progrès, ces séquelles demeurent fréquentes en dépit de l’attention apportée au traitement local des brûlures et du développement des techniques destinées à améliorer la qualité de la cicatrisation. Au Maroc les brûlures sont presque exclusivement thermiques par les flammes et les liquides chauds, responsables de lésions étendues et profondes. Ce mécanisme constitue la cause principale chez nous, comme dans d’autres pays d’Afrique, par l’usage fréquent du feu dans le chauffage, l’éclairage et la cuisine et l’emploi de l’essence. La tranche d’age la plus menacée est entre 0 et 4 ans, le risque des brûlures étant pour elle trois fois plus important que pour le reste de la population. Les sièges les plus fréquemment touchés sont le visage et les mains, avec des brûlures le plus souvent étendues et profondes. Devant une demande importante et accrue pour la prise en charge des brûlés à la phase aiguë et séquellaire à Marrakech s’oppose une infrastructure pauvre en personnel (deux médecins et une infirmière), en médicaments (manque des substituts dermiques artificiel, des antibiotiques, des topiques), en soins (manque des produits consommables adaptés) et en matériel (pas de literie adapte à flux d’air) - lorsque des enfants brûlés sont traités dans des centres hospitaliers non spécialisés ou des dispensaires, la durée du traitement est allongée, et un certain nombre de cas est adressé par la suite dans des centres spécialisés en chirurgie plastique et brûlés avec souvent des séquelles importantes, qui nécessitent une prise en charge chirurgicale et un suivi à long terme. A noter que ces séquelles, qui sont une des causes principales des échecs scolaires et sociales et dont souffrent ces petits enfants, nécessitent dans la plupart des cas des simples procédures chirurgicales comme des greffes cutanées ou des plasties, qui peuvent améliorer la qualité de leurs vies et leur permettre une insertion socioprofessionnelle. PropositionsSi les conditions socio-économiques sont hélas des données sur lesquelles l’influence des sociétés savantes médicales est trop faible pour ne pas dire nulle, l’idée au contraire de la prise en charge globale des brûlés est une notion sur laquelle beaucoup de médecins ont souvent insisté. Cette prise en charge, depuis l’accident jusqu’à la réinsertion psychosociale des patients, inclut les phases aiguës et séquellaires et ceci, quel que soit le type de la brûlure, localisée ou étendue, exige la collaboration d’équipes médicales et paramédicales multidisciplinaires persuadées de la nécessité d’un travail en commun. Pour tout ça on propose de:
ConclusionUn traitement initial bien conduit et effectué dans les meilleures conditions permet non seulement de réduire le nombre des séquelles des brûlures mais encore de les rendre moins sévères. En dépit de tout cela la prévention reste l’arme de choix, avec une prévention primaire qui consiste en l’éducation de la population adulte et des enfants dans les écoles, afin de diminuer le nombre des accidents, une prévention secondaire qui vise à réduire ou à éviter les séquelles des brûlures et une prévention tertiaire dont l’objectif est de traiter les séquelles des brûlures dans des centres spécialisés et bien équipés. SUMMARY. Burns are still a very common form of accident in Morocco, making them a problem of public health. When the burns are serious or deep, they have functional and aesthetic sequelae. Through two observations of children presenting serious burns sequelae interfering with their schooling, certain factors involved are highlighted (fire; small gas bottles; a lack of infrastructure; a shortage of doctors, nurses, and equipment; and prevention) as a major cause of the occurrence of these sequelae. The goal of this work is to indicate the various factors involved and to propose some solutions, while insisting on the importance of prevention. Bibliography
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