EPITHELIOMA SPINOCELLULAIRE SUR CICATRICE DE BRULURE (À PROPOS DE CINQ CAS)Tourabi K., Mejjati H., Ribqy Y., Achbouk A., Arrob A., Moussaoui A., Ihrai H.Service de Chirurgie Plastique et des Brûlés, Hôpital Militaire d’Instruction Mohamed V, Rabat, MarocRESUME. Pour étudier l’ulcère de Marjolin, tous les dossiers des patients qui se sont présentés pendant une période quinquennale à un Service de Chirurgie Plastique et des Brûlés au Maroc ayant un cancer sur cicatrice de brûlure, objectivé par un examen histopathologique, ont été inclus dans une fiche de recueil de données comprenant des paramètres liés à l’identité du malade, à l’inventaire préthérapeutique, au traitement et à l’évolution du cas. Les Auteurs, après avoir présenté les données des cinq patients inclus dans l’étude, considèrent les problèmes posés par les épithéliomas spinocellulaires sur cicatrice de brûlure, qui sont des affections graves et rares. La dégénérescence des cicatrices de brûlures est une évolution dramatique, causée par la négligence. Le traitement préventif par exérèse systématique de toute lésion suspecte doit être fortement souligné puisqu’il garantit la guérison quasi certaine. IntroductionDepuis la description originale de Marjolin, la notion de dégénérescence maligne des cicatrices de brûlures est devenue classique. L’épithélioma spinocellulaire est le cancer des cicatrices de brûlures. La localisation est différente des tumeurs cutanées classiques révélant une étiopathogénie différente. Le traitement des lésions constituées est surtout chirurgical associé parfois à la radiothérapie et la chimiothérapie. Le traitement essentiel reste préventif, assurant une cicatrisation stable. Matériel et méthodeTous les dossiers de patients qui se sont présentés à notre service de chirurgie plastique et des brûlés à Rabat (Maroc) atteints d’un cancer sur cicatrice de brûlure, objectivé par un examen histopathologique, ont été inclus. Nous avons élaboré une fiche de recueil de données comprenant des paramètres liés à l’identité du malade, à l’inventaire préthérapeutique, au traitement et à l’évolution. RésultatsDe 1999 à 2004, nous avons colligé cinq patients. L’âge variait entre 41 et 75 ans (moyenne, 58 ans). On notait une légère prédominance de sujets de sexe masculin (3/5). La brûlure initiale était survenue 2 à 47 ans avant la date de consultation, avec un délai moyen de 24 ans, et couvrait une surface de 4 à 37% de la surface corporelle (moyenne, 13,62%). Nos patients avaient presque tous présenté une brûlure du deuxième degré profond. Ce traumatisme a été causé par des flammes (deux patients), de l’eau chaude (deux) et de l’huile chaude (un). Le siége était sur le cuir chevelu dans deux cas, au niveau du pli du coude chez un malade et sur la jambe chez les deux autres. Un seul patient a bénéficié d’un traitement médical, les autres soit d’une automédication soit d’un traitement traditionnel. La lésion initiale a évolué vers une cicatrice hypertrophique chez trois patients. L’histologie était formelle chez tous nos malades en faveur d’un épithélioma spinocellulaire. L’ulcération néoplasique était bourgeonnante dans 80% des cas, rarement hémorragique (un malade). Deux malades se sont présentés avec une adénopathie satellite. La conduite thérapeutique était pour deux amputations avec curage ganglionnaire et trois exérèses simples dont une a subi une récidive locale (Figs. 1,2).
DiscussionLes épithéliomas spinocellulaires sur cicatrice de brûlure thermique sont des affections graves et rares, occasionnées souvent par des accidents domestiques et professionnels ou des actes criminels. Ils siègent préférentiellement aux plis des membres et métastasent peu. Les traitements conservateurs s’accompagnent de 30% de récidives. Les cancers chez des sujets de sexe masculin, survenant sur des brûlures thermiques, développés sur une ré-ulcération non traitée ou une sclérose cicatricielle et se présentant avec des adénopathies suspectes hors du territoire de drainage de la lésion, ont une propension plus élevée à la récidive dans notre expérience. Si les progrès de l’épidémiologie et de l’immunogénétique laissent prévoir de nombreuses connaissances sur la question, il n’en demeure pas moins que l’aspect le plus important et le plus urgent est la prévention: prévention de la survenue des brûlures, prévention de la transformation des brûlures par des exérèses des tissus cicatriciels. ConclusionLa dégénérescence des cicatrices de brûlures est une évolution dramatique et représente la rançon de la négligence de telles lésions: toute modification d’aspect d’une cicatrice de brûlure doit faire appel à des biopsies. Le traitement préventif par exérèse systématique de toute lésion suspecte doit être fortement souligné puisqu’il garantit la guérison quasi certaine. SUMMARY. In order to study Marjolin’s ulcer, all the case histories of patients admitted over a 5-yr period to a Service of Plastic Surgery and Burn Patients in Morocco presenting a histopathologically confirmed burn scar cancer were included in a data file with information regarding the medical background of the five patients concerned, their treatment, and the evolution of the case. After this data presentation, the problems set by spinocellular epithelioma, which is a serious and rare affection, are considered. The degeneration of burn scars is a dramatic development, caused by negligence. Preventive treatment, with systematic exeresis of any suspicious lesion, is strongly recommended as it guarantees almost certain recovery. Bibliography
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